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Meubles en bois d’Hévéa 30 septembre 2011

Posted by Cà Phê Ðá in Viêt-Nam.
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Si vous demandez à un artisan menuisier vietnamien, il vous dira que l’Hévéa n’est pas un bois à faire des meubles, ni même des cures-dents. Pourtant c’est Le bois dont l’utilisation se développe le plus dans toute la région, avec la Malaisie et la Thaïlande en tête. La Malaisie est le pays disposant des plus grandes plantation d’Hévéa pour l’industrie du caoutchouc, ce n’est donc pas étonnant. La Thaïlande dispose aussi de bonnes réserves et surtout d’un tissu industriel favorable. Le Viêt-Nam, est cinquième en terme de surface cultivée (bien derrière la Malaise, l’Indonésie, l’Inde et la Thaïlande) mais cherche à rattraper son retard. Le pays dispose de plantation plutôt âgées capable de fournir en bois de réforme. Il a aussi bénéficié des déboires des producteurs africains dont les arbres souffraient d’une maladie mystérieuse qui semble liée aux conditions d’exploitation trop intenses.

Si l’Hévéa n’est pas un bon bois, alors pourquoi l’utilise-t-on ? D’accord, c’est en majeure partie pour l’export, et un bois même de médiocre qualité comme le pin se vend depuis des années pour des meubles d’intérieur en Europe, alors pourquoi pas de l’Hévéa ? Ensuite, de nouvelles techniques de traitement (chimique) sont apparues et permettent de lui donner des caractéristiques de stabilité suffisantes, même pour les pays tropicaux. Dernière chose, les bois de qualité supérieure (sans parler de bois précieux) sont aujourd’hui très très chers, et après des années 70 tout plastique, les années 80 tout verre et métal, les consommateurs européens retournent vers des produits naturels et achètent du bois, si possible massif. Quand on voit comment est produit ce bois, je ne suis pas sûr que pour les consommateurs européens il soit beaucoup plus écologiques que du plastique, mais bon…

N’habitant plus en Europe, je vous parlerai du marché local vietnamien. Quand nous nous sommes installés ici en 2005, les choix pour l’ameublement étaient limités. D’un côté des meubles bon marchés mais tout plastique et prévu pour ne pas durer plus de deux ans, d’un autre côté des meubles en bois traditionnels faits par de petits artisans et d’un prix plutôt élevé. Je dis un prix plutôt élevé, mais ça restait abordable. Même si à l’époque notre budget était plutôt serré après la construction de la maison, le choix a été vite fait. En plus grâce à un amis de la famille nous avions rencontré un excellent menuisier qui nous a fournit la rambarde de l’escalier, la table de salle à manger, 8 chaises, la table de salon plus quelques autres petits meubles. Le bois était un bois d’ameublement de qualité, résistant aux termites et aux champignons sans traitement particulier.

Le premier "choc" a été lors de la construction de la maison en bois 3 ans plus tard. Entre le moment où nous avions signé le contrat (novembre) et la fin des travaux de gros oeuvre (juin), le prix du bois brut avait plus que doublé! Nous étions protégés par le contrat, mais nous avions consentis une rallonge à notre fournisseur. Déjà à l’époque les bois vietnamiens devenaient difficile à trouver. La contrebande existe, mais le risque c’est de se faire refourguer un bois maquillé, et sans être expert c’est dur de ne pas se faire avoir. Notre charpentier étant quelqu’un de sérieux (plus important grossiste en bois de la ville), il importe son bois d’Indonésie (en l’occurrence du Camphrier de Bornéo à l’époque) et ne cherchait pas à nous rouler sur la marchandise.

Cet été Hạnh a décidé de faire faire quelques meubles pour la maison : des placards haut pour la cuisine, un rangement sous l’escalier pour les draps des chambres d’hôtes et une étagère dans l’entrée. Nous devions aussi commencer à meubler l’appartement pour le louer. Les choses ont bien changé. D’une part le menuisier travaille aujourd’hui presque en exclusivité avec du bois aggloméré (du MDF, ou panneau de fibre à densité moyenne) pour les meubles courants. Il dispose de plusieurs qualités, importé pour le haut de gamme avec un plaquage de vrai bois épais et donc un beau fini, ou fabriqué localement pour le tout venant. Les seuls meubles en bois massif sont ceux pour le haut de gamme et les meubles traditionnel. D’autre part il existe sur le marché plusieurs marques d’ameublement grand public qui ont des show-rooms dans les grandes villes. En particulier Hoàng Anh Gia Lai a un large catalogue de meuble en Hévéa. C’est un grand groupe industriel qui possède aussi des plantations d’Hévéa, investi dans les matières premières, l’immobilier (ce sont eux qui font notre appartement) et l’électricité. En effet, entretemps le prix du bois a presque quadruplé, souvent par bonds, et la plupart des bois massif de qualité sont inaccessibles.

Pour conclure, je vous redirige vers une petite trouvaille que j’ai fait en cherchant à me renseigner sur les MDF. C’est un guide de consommation très bien documenté et publié par le ministère de l’économie. Ca m’a un peu surpris de voir qu’une administration français publie un tel document, que j’aurais plutôt attendu d’une association de consommateurs…

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